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Sous le mot général "cosmétiques", on regroupe les parfums, les produits de beauté, les crèmes solaires, les produits capillaires (laques, colorations...), le maquillage, les produits d'hygiène (dentifrices, produits pour le bain et la douche...) ou de toilette (shampooings, déodorants...).
Ces produits sont aujourd'hui omniprésents dans le quotidien du consommateur. Chacun revendique en effet le droit à l'hygiène et au bien-être. Prendre soin de soi n'est plus un luxe, ni une futilité ; c'est au contraire – comme le montrent les recherches en psychologie – une manière de construire son identité et sa personnalité.
L'industrie cosmétique vit d'un lien permanent avec le consommateur ; elle repose sur un véritable contrat de confiance avec ses consommateurs.
Pour cela, elle ne peut transiger le moins du monde sur la sécurité de ses produits. La preuve : depuis plus de trente ans, aucun produit cosmétique n'a été mis en cause dans un quelconque problème sanitaire.
Mais le consommateur devient aujourd'hui un "conso-acteur". Il veut un monde plus harmonieux, plus sûr ; il est à juste titre attentif à la qualité de son environnement et sensible aux questions de santé publique.
A partir des légitimes revendications de sécurité des consommateurs, des campagnes "alarmistes" ont été récemment développées.
Or, la qualité scientifique des "études" citées dans ces campagnes est formellement contestée par la communauté scientifique ou par les autorités indépendantes qui garantissent la santé publique.
Aucune de ces études n'a permis de conclure qu'il existerait une relation entre l'utilisation des produits cosmétiques et l'effet éventuellement nocif qui leur est attribué.
Les ingrédients incriminés ne sont utilisés dans les produits cosmétiques que pour le bénéfice du consommateur, en raison du rôle primordial qu'ils jouent en matière d'hygiène, de bien-être ou de santé.
Ici, quelques explications techniques s'imposent.
Les conservateurs
Les parabènes sont des conservateurs : leur utilité est de protéger les produits cosmétiques contre toute contamination bactérienne. Ils évitent par exemple le développement des bactéries dans les pots de crème que l'on ouvre quotidiennement1.
Le phénoxyéthanol est un autre conservateur, également utilisé pour garantir les produits contre toute contamination bactérienne. Divers groupes d'experts indépendants ont confirmé que son utilisation dans les cosmétiques est dépourvue de risques2.
Les phtalates
L'industrie cosmétique n'utilise qu'un seul phtalate, le DEP (Diéthylphtalate), lequel a pour fonction de rendre l'alcool impropre à la boisson, conformément aux prescriptions des autorités sanitaires.
Pour ce faire, de strictes règles fixent la teneur maximale en DEP que peuvent contenir les parfums.
Notamment, les parfums attaqués par Greenpeace ont une concentration en DEP au moins 7 fois inférieure aux plafonds établis par les autorités sanitaires françaises, européennes ou américaines3.
Les sels d'aluminium
Les sels d'aluminium sont utilisés pour limiter la transpiration. Leur utilisation dans les antiperspirants a été mise en cause à tort, à partir d'une hypothèse selon laquelle une utilisation prolongée d'antiperspirants contenant des sels d'aluminium augmenterait les risques de cancer du sein.
Or, cette hypothèse a été formellement démentie par une étude scientifique américaine, portant sur un échantillon de 1 600 femmes4 ainsi que par un rapport des autorités sanitaires françaises5.
Les filtres solaires
Les filtres solaires sont essentiels pour protéger contre les effets nocifs des rayons UVA et UVB et notamment contre les coups de soleil. Ici encore, les études qui accusent ces filtres de perturber le système hormonal ont été contestées6.
1L’étude sur les parabènes évoquée dans l'émission Envoyé Spécial a été contestée par le Comité scientifique de l'Union européenne (SCCP) en janvier 2005 : elle ne permet pas en effet d’établir un lien entre l’exposition aux parabènes via un usage cosmétique et leur présence dans des échantillons de tumeurs du sein.
2C'est notamment le sens des travaux de la Commission de Cosmétologie qui siège auprès de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire (AFSSaPS), en 2003.
3L'Agence en France (avis de la Commission de Cosmétologie de septembre 2002. Le bulletin de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Octobre 2002. Vigilances Bulletin N°12).
Le SCCP pour l'Union Européenne (position de décembre 2003; voir The SCCNFP. Opinion concerning Diethyl Phthalate adopted during the 26th Plenary meeting of 9 December 2003).
Le CIR pour les Etats-Unis (position de mars 2003 ; voir Annual Review of Cosmetic Ingredient. Safety Assessments – 2002/2003. Dibutyl Phthalate, Diethyl Phthalate and Dimethyl Phthalate).
Ces autorités scientifiques estiment que l'utilisation du DEP dans les parfums ou cosmétiques jusqu'à une teneur maximale de 15% ne pose pas de problème. Or, l'étude citée par Greenpeace fait ressortir des taux d'utilisation qui, dans les parfums mis en cause, sont inférieurs à 2,2%.
4Mirick et al., Journal of National Cancer Institute, October 16,2002.
5Un rapport conjoint AFSSaPS - AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) - InVS (Institut de Veille Sanitaire) de novembre 2003 conforte les conclusions formulées en 1997 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : en l’état actuel des connaissances, les sels d’aluminium utilisés dans les antiperspirants ne peuvent être considérés comme un toxique cancérigène.
6Le Comité scientifique de l'Union européenne a conclu, en juin 2001, à propos de l’étude de Mme Schlumpf, évoquée dans l'émission Envoyé Spécial, qu'elle ne permet pas de conclure à un éventuel effet oestrogénique des filtres solaires étudiés. D'autre part, les experts de la Commission de cosmétologie de l’AFSSaPS ont mis en cause le fait que certains résultats présentés par Mme Schlumpf en décembre 2004 puissent s'appliquer à l'être humain.
Ces ingrédients, comme on vient de le voir, sont indispensables à la sécurité des produits cosmétiques.
Les hypothèses avancées sur le risque de voir, à partir d'un contact cutané ou au travers de la chaîne alimentaire, s'accumuler dans l'organisme des substances toxiques, est une préoccupation de santé publique qui concerne l'ensemble des produits de consommation. Ce n'est donc pas un problème spécifique aux produits cosmétiques.
On sait toutefois que, parmi les substances qui entrent dans l'organisme, toutes ne se fixent pas, de loin s'en faut. Rappelons en outre que pour la cosmétique, les substances classées "dangereuses" ou "toxiques" (et qui, pour la plupart, sont bio-accumulables) sont interdites et ne peuvent donc pas entrer dans la fabrication des produits cosmétiques.
Il en résulte que la réglementation spécifique à la cosmétique a pour effet de limiter le rôle que pourraient jouer nos produits dans les phénomènes de bio-accumulation.
Il faut d'abord rappeler que les ingrédients "naturels", quels que soient leurs bienfaits, n'apportent pas nécessairement les garanties de conservation, de protection ou de sécurité qu'on est en droit d'attendre des produits cosmétiques d'aujourd'hui.
D'autre part, aucune étude n'a démontré que, entre les substances naturelles et les substances synthétiques utilisées dans la plupart des cosmétiques, les unes seraient intrinsèquement meilleures que les autres pour la santé ou l’environnement. C'est pour cette raison que l’utilisation d’une substance naturelle en cosmétique est – et c'est bien logique – soumise aux mêmes règles de sécurité qu’une substance synthétique.
Toute substance étrangère à l'organisme humain, qu'elle soit végétale, synthétique ou animale, peut dans certaines circonstances se révéler toxique. Il est donc "naïf" d'opposer artificiellement la nature et l'industrie. La nature est sans aucun doute source de grands bienfaits ; elle présente aussi des risques identifiés. (Pensons à la ciguë, poison naturel bien connu !).
C'est dans la complémentarité entre substances naturelles et synthétiques que, depuis toujours, l'industrie cosmétique s'est développée.
Oui, car la commercialisation des produits cosmétiques est soumise à un régime très strict.
- Les règles qui encadrent nos produits sont établies à la fois à l'échelon français et à l'échelle européenne.7Cette Directive (n°76/768/CEE du Conseil, du 27 juillet 1976) est la Directive de base régissant les cosmétiques ; elle est régulièrement actualisée (la dernière date du 27 février 2003 - Directive 2003/15/CE).
8Sur ce point, la réglementation est en permanence actualisée ; la dernière modification date ainsi du 21 novembre 2005 (Directive 2005/80/CE).
9En France : l'Agence de Sécurité Sanitaire, le Ministère de la Santé, la Répression des Fraudes.
Afin de se plier aux exigences de la Directive cosmétique, chaque fabricant est légalement tenu de prendre en considération "le profil toxicologique général des ingrédients, leur structure chimique et leur niveau d'exposition", et ce dans le but de garantir la sécurité du produit fini. Si nécessaire, ces données sont complétées par des travaux in vitro ou des études cliniques.
La sécurité des ingrédients utilisés dans les cosmétiques est, par ailleurs, évaluée et réévaluée régulièrement par les diverses autorités scientifiques indépendantes, qu'elles soient françaises ou européennes, aussi souvent que ces dernières l'estiment nécessaire.
Le public doit se fier aux travaux menés par les autorités de santé, travaux qui sont fondés sur des expertises scientifiques rigoureuses, vérifiées et indépendantes.
C'est sous le contrôle des autorités de santé publique que les parfums et cosmétiques sont élaborés ; les consommateurs peuvent donc continuer à les utiliser en toute confiance.